L’épave Aber Wrac’h 1

De la découverte à la fouille (1985-1988)

Découverte en 1985 par le plongeur René Ogor, l’épave a été fouillée de 1987 à 1988 sous la direction de Michel L’Hour (DRASSM). Fouilles Drassm 2
L’épave conservée est longue de 18 m et large de 5 m. Elle se caractérise par une construction à clin, dont les virures sont rivetées entre elles, et chevillées à une charpente massive. Les fonds du navire sont recouverts intérieure-ment par un vaigrage.
Trois têtes de baux traversants, débordant à l’extérieur de la coque, ont été découvertes dans la partie centrale et avant du navire. Leur principe d’assemblage rappelle l’épave Gdansk W5, découverte en Pologne et datée de 1399. Ces têtes étaient protégées par des défenses cunéiformes, pointant vers l’avant lors de leur découverte. Connues par quelques représentations iconographiques, ces défenses ne sont toujours attestées archéologiquement, 25 ans après sa fouille, que par l’épave Aber Warc’h 1 et la cogue de Doel 1, en Belgique, datée de 1324-1325.
Le mobilier découvert sur l’épave reflète à la fois la vie à bord (céramique onctueuse d’origine bretonne composée de grandes terrines et Fouilles Drassm 1de galettières, lanterne, ossements animaux…), le gréement du navire (pomme de racage) et sa route commerciale (monnaies bretonnes et espagnoles).

Photos: F. Osada/DRASSM

 

 

La reconstitution du navire (2004-2012)

L’épave Aber Wrac’h 1 est, aujourd’hui, à nouveau au cœur de l’actualité scientifique, grâce au travail universitaire conduit depuis 2004 par Alexandra Grille dans le cadre d’une thèse de doctorat (université de Paris 1, CNRS LAMOP).
Grâce à la remise en forme des détails architecturaux, consignés par les fouilleurs dans les relevés archéologiques sous-marins de l’épave, et à l’utilisation simultanée d’outils traditionnels (maquette en bois au 1/10e) et innovants (logiciel 3D Rhinocéros), il est aujourd’hui possible de proposer une reconstitution plausible du navire Aber Wrac’h 1.Wrachou image3
Au terme de cette restitution, le navire apparaît long de presque 26 m, large de 7 m. Dans le contexte du XVe siècle, ces dimensions sont celles d’un grand navire. Mais ce qui surprend le plus est le caractère extrêmement fin des formes du bâtiment Aber Wrac’h 1. Elles le distinguent des navires médiévaux antérieurs et est très probablement à mettre en relation avec le contexte européen de l’époque.
Dès la fin du 14e siècle et jusqu’au 16e siècle, l’insécurité sur mer augmente. Dans un contexte de guerre et de piraterie endémique, un navire fin et manoeuvrant est peut-être une réponse efficace apportée par les charpentiers aux pro-priétaires et affréteurs des navires. Reconstitution AW1 nav web

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